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La synthèse hebdo du 27 mai

Publié le 27 mai 2019, par Matthieu Devillard

 

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– Lundi 20 mai 2019  –

 

Le Président ukrainien dissout le Parlement et annonce des élections législatives anticipées

Très peu de temps après sa victoire aux élections présidentielles, en mars dernier, Volodymyr Zelensky, prévoit de convoquer ces nouvelles élections dans un délai de deux mois. Le président Zelensky a été élu sur un programme qui critique fortement les élites du pays ainsi que sur la promesse de mettre fin à la corruption et de « casser le système ». Ces nouvelles élections, en plus d’envoyer un message fort, semblent indispensables pour le nouveau président. Le parti qu’il a créé, Serviteur du peuple, n’a pour le moment aucun élu et n’a donc pas le soutien du Parlement. En jouant de sa popularité lors des élections présidentielles, qu’il a emportées à 73% lors du second tour, il espère constituer un groupe parlementaire solide afin de former une coalition. Dans la foulée, le premier ministre du pays, Volodymyr Hroïsman, annonce sa démission, car il est en désaccord avec le nouveau président.  Le Président demande aussi à plusieurs hauts fonctionnaires et ministres chargés de la défense et de la sécurité de démissionner.

 

 

– Mardi 21 mai 2019 –

 

Theresa May veut sauver le Brexit avec un nouvel accord

La Première ministre britannique annonce qu’elle proposera au Parlement un nouvel accord de sortie de l’UE le 3 juin. Depuis l’échec des trois premiers accords proposés, Theresa May est en grande difficulté. Son propre parti, les conservateurs, la pousse vers la sortie. Alors que, dans le même temps, les négociations avec ses opposants, les travaillistes dont elle a besoin pour faire accepter son accord de sortie, n’ont pas abouti. Elle assure avoir tenu compte des propositions de compromis en en intégrant certaines au texte. Avant de démissionner cet été, elle joue sa dernière carte. Pour la première fois, elle a laissé entrevoir la possibilité d’organiser un second référendum, si son accord était accepté. Son but est de faire en sorte, à quelques jours des élections européennes qui s’annoncent désastreuses pour son parti, que les futurs députés européens britanniques n’aient pas le temps de siéger au Parlement. Elle veut persuader les députés de gauche de voter son accord de Brexit, quite à se mettre à dos les conservateurs .

 

 

– Mercredi 22 mai 2019 –

 

Les têtes de listes et les chefs de partis se retrouvent pour un débat avant les élections européennes

L’émission politique proposée par France 2 et France Inter n’a pas été aussi populaire que prévu puisqu’elle n’a rassemblé que 1,45 million de téléspectateurs, soit 9,5% de part d’audience. A quatre jours du scrutin, ce débat permet d’opposer les listes candidates aux Européennes. Il compte cependant trois absents : Nathalie Loiseau (LREM), François-Xavier Bellamy (LR) et Jordan Bardella (RN). Les trois candidats ont décidé de boycotter l’émission car ils étaient programmés en deuxième partie, où l’audience est structurellement moins importante. La première partie, plus substantielle, oppose Marine Le Pen, Laurent Wauquiez, François Bayrou, Raphaël Glucksmann, Yannick Jadot et Manon Aubry. Ils échangent sur quatre thèmes, identifiés comme les plus importants pour les français lors de ces élections : l’environnement et le climat, le pouvoir d’achat, la place de la France sur la scène internationale et l’immigration. Ces personnalités politiques sont assez partagées sur les solutions écologiques et sur l’immigration, mais ils ont été plus unanimes sur le protectionnisme.

 

Pour approfondir et découvrir les programmes de tous les candidats, découvrez notre Focus sur l’Europe: Faut-il changer d’Europe?

 

Emmanuel Macron rencontre le maréchal Haftar pour négocier une sortie de crise

La Libye est en proie au chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi. C’est au Gouvernement d’union nationale (GNA) que revient la charge de contrôler le pays depuis. Le premier ministre, Faïez Sarraj, est soutenu par la communauté internationale pour assurer une transition démocratique. Pour autant, le pays est devenu la porte d’entrée des migrants vers l’Europe. Des groupes islamistes et des milices ont pris le contrôle de territoires entiers. Le maréchal Haftar a décidé en avril de mener une offensive sur la capitale, Tripoli, afin de déloger le GNA. Son but est de reprendre les pays en main. Tout l’Est libyen lui est acquis ainsi que des centaines d’hommes. Les heurts entre l’armée gouvernementale et celle d’Haftar ont déjà fait plus de 500 morts autour de la capitale libyenne. Emmanuel Macron cherche à recréer une dynamique de dialogue en rencontrant les deux acteurs du conflit. Mais ceux-ci semblent faire preuve d’une grande défiance l’un envers l’autre. La première étape vers la désescalade proposée par le Président est un accord de cessez-le-feu. Haftar dit ne pas trouver les conditions réunies pour un tel accord.

 

 

– Jeudi 23 mai 2019 –

 

Édouard Philippe abandonne le projet de mine d’or en Guyane

Les groupes miniers russe Nordgold et le canadien Colombus gold ont vu leur projet de mine d’or à ciel ouvert en Guyane refuser par le chef du Gouvernement. Depuis quelques semaines, le Président Macron et le ministre de l’Écologie, François de Rugy avaient émis des doutes sur ce projet. Montagne d’or, c’est son nom, devait s’étendre sur 800 hectare de forêt guyanaise à proximité d’une réserve de biodiversité intégrale. Les populations locales et les défenseurs de l’environnement se sont mobilisés très tôt contre ce projet. Le gouvernement l’a finalement déclaré incompatible avec les exigences environnementales de la France. Les élus locaux le voient pourtant comme un moyen de réduire le chômage dans cette région du département, où il s’élève à plus de 40%. Les compagnies minières avaient déjà revu leur copie lorsque le projet avait été désapprouvé par les habitants au printemps 2018. Il faudra attendre que le Gouvernement revoit le Code minier français en y incluant les exigences environnementales pour qu’une nouvelle version soit présentée.

 

 

– Vendredi 24 mai 2019 –

 

L’explosion d’un colis piégé fait plusieurs blessés à Lyon

Le parquet antiterroriste de Paris est saisi après l’explosion d’une bombe artisanale dans le centre de Lyon. Il ouvre une enquête pour association de malfaiteurs terroristes. Le bilan fait état de 13 personnes blessées dont une fillette de 8 ans, mais aucun n’est en danger de mort. Un suspect a été rapidement identifié. Il s’agirait d’un homme d’une trentaine d’années qui a été identifié grâce aux caméras de vidéosurveillance de la rue piétonne. Il aurait déposé un sac contenant des explosifs ainsi que des clous et des boulons. La police ne privilégie pour l’instant aucune piste quant à son profil et ses motivations. La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, juge pour sa part qu’il est trop tôt pour évoquer un acte terroriste.

 

 

– Dimanche 26 mai 2019 –

 

L’Irak condamne à mort des Français appartenant à l’État islamique

Trois islamistes d’origine française sont condamnés à la peine la plus lourde prévue par le droit irakien qui considère comme coupable quiconque “a rejoint une organisation terroriste”. Qu’ils aient ou non participé à des exactions, les terroristes membres de l’EI, capturés et remis à la justice irakienne, encourent soit la prison à perpétuité, soit la peine capitale. Trois Français avaient déjà été jugés et condamnés à la prison à perpétuité. Cette fois-ci la justice semble avoir été plus sévère. L’un d’entre eux a d’ores et déjà fait appel de la décision à son encontre, les deux autres ont trente jours pour faire de même. Leurs avocats français dénoncent des procès inéquitables, pouvant durer cinq minutes maximum, pour lesquelles les avocats commis d’office ne connaissent pas le dossier de leur client et basés uniquement sur des interrogatoires fait en prison. Nicole Belloubet, la ministre de la Justice, avait déclaré en février que la France demanderait que les peines de morts ne soient pas exécutées si des Français y étaient condamnés. La France fait face à un dilemme qui consiste à choisir entre une opinion pas favorable aux djihadistes, cela consisterait à les abandonner à leur sort, et le respect des valeurs de la République, qui n’acceptent pas la justice partiale et qui ne reconnaît pas la peine de mort.

 

Les citoyens membres de l’Union européenne élisent un nouveau Parlement

Tous les pays membres de l’UE ont voté pour élire leurs représentants au Parlement. Les estimations provisoires donnent le Parti populaire européen (PPE, la droite) victorieux devant les sociaux-démocrates (S&D, gauche). Ces deux groupes étaient jusque-là majoritaires au Parlement européen et se partageaient le pouvoir. Leur avance sur les autres partis est désormais moindre. Seule une coalition de plusieurs partis devrait permettre une bonne gouvernance. Partout en Europe les partis d’extrême droite augmentent leur score et se placent comme une force non négligeable sur la scène européenne. En France, le duel attendu entre le parti d’extrême droite, le Rassemblement national, et le parti du Président Macron, La République en marche, a bien eu lieu. Le premier vire en tête d’une courte avance sur le second, avec 23,31% des voix contre 22,41%. La surprise vient plutôt du parti écologiste qui arrive en troisième position avec 13,47% de voix. Le parti de droite, Les Républicains, enregistre une lourde défaite, tout comme le Parti socialiste. Eux qui étaient au pouvoir alternativement depuis 40 ans, ne dépassent pas la barre des 10%.

 

 

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