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La synthèse hebdo du 27 août

Publié le 27 août 2018, par Matthieu Devillard

AU PROGRAMME CETTE SEMAINE


– 1 –

Quel avenir pour la Grèce sans la tutelle de l’Europe ?

– 2 –

Quel impact le Diciotti a-t-il sur la question migratoire en Europe ?

– 3 –

En quoi Trump est-il concerné par les affaires visant ses anciens collaborateurs ?

– 4 –
Qu’est-il reproché à la ministre de la Culture Françoise Nyssen ?

– 5 –

Comment la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis s’est-elle aggravée cette semaine ?

 

 

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– LUNDI 20 AOÛT –
La Grèce sort de sa mise sous tutelle européenne

 

Les faits

Après l’accord trouvé en juin dernier (voir la synthèse du 25 juin), la Grèce est sortie lundi du troisième plan d’aide européen après 8 années passées sous la tutelle de l’Union Européenne. Cela va lui permettre notamment de se financer de nouveau sur les marchés financiers. Elle reste cependant placée sous surveillance renforcée. La Grèce est le dernier pays membre de l’Union Européenne à sortir de cette tutelle après l’Irlande en 2013, l’Espagne et le Portugal en 2014 et Chypre en 2016.

 

Le contexte

Ces aides européennes avaient commencé en 2010 dans une Grèce particulièrement touchée par les effets de la crise de 2007 dite des subprimes (voir la synthèse du 25 juin).

Plusieurs signes positifs donnent l’espoir de perspectives d’amélioration pour la Grèce dans les prochaines années : une croissance annuelle et des prévisions pour les années suivantes situées entre 2 et 3%, un tourisme dynamique et un chômage repassé sous la barre des 20%.

Certains, à l’instar du FMI, soulignent pourtant des points d’inquiétude qui demeurent, notamment autour de la dette. Les premières opérations sur les marchés financiers devront être particulièrement réussies pour générer de la confiance. En effet, plus les investisseurs craignent des difficultés à rembourser la dette, plus ils sont susceptibles de demander des taux d’intérêts plus élevés, voire ne plus vouloir financer la Grèce. En affirmant vouloir poursuivre les efforts budgétaires, Alexis Tsipras a cependant plutôt rassuré.

Ce weekend, le commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici a cependant estimé que la fin de cette période d’austérité ne signifiait pas la fin des réformes. Le directeur de la banque centrale grecque est également allé en ce sens en déclarant que les marchés financiers pourraient abandonner la Grèce si celle-ci ne poursuivait pas ses réformes. Lors de la conclusion de l’accord de sortie, le premier ministre grec Alexis Tsipras avait lui-même reconnu que cela ne signifiait pas la fin des réformes mais la fin de l’austérité extrême.

 

Les définitions

Agence de notation : organisme chargé d’évaluer le risque de non-remboursement de la dette d’un État, d’une entreprise ou d’une collectivité locale, ou d’un emprunt faisant partie de cette dette.

Austérité (ou rigueur) : politique qui vise à assainir la gestion d’un pays en réduisant les coûts et les dépenses publiques.

Banque centrale : institution financière en charge de veiller sur la monnaie d’un pays, qui émet les billets, facilite le financement des banques (dites « commerciales ») et détermine la politique monétaire.

Croissance : évolution annuelle, exprimée en pourcentage, du PIB (produit intérieur brut). Le PIB est un indicateur économique qui vise à quantifier la richesse produite à l’intérieur d’un pays (y compris par des entreprises étrangères).

Dette publique : somme des emprunts contractés par les administrations publiques, c’est-à-dire l’État, les collectivités territoriales et les administrations de sécurité sociale.

Fonds Monétaire International (FMI) : institution internationale regroupant 189 pays, dont le but est de promouvoir la coopération monétaire internationale, garantir la stabilité financière, faciliter les échanges internationaux, contribuer à un niveau élevé d’emploi, à la stabilité économique et faire reculer la pauvreté. Il est notamment en charge la gestion des crises financières et monétaires.

Marché financier : marché sur lequel les Etats ou les entreprises vendent des produits financiers (essentiellement des actions et des obligations) à des investisseurs (banques, fonds de pension, compagnies d’assurance, etc) pour se financer. Une action est une part du capital d’une société, en posséder vous rend donc propriétaire d’une partie de l’entreprise. Une obligation est une part de l’emprunt émis par un Etat ou une entreprise, en posséder vous permet de toucher des intérêts lors du remboursement de l’emprunt.

Subprime : prêt immobilier (prêt destiné à financer l’acquisition, la construction ou la réalisation de travaux sur un bien immobilier) risqué car accordé à partir des années 2000 à des ménages américains qui ne remplissent pas les conditions pour souscrire un emprunt immobilier classique. Alors que les emprunteurs traditionnels sont dits « prime », ces ménages modestes sont ainsi appelés « subprime ». Le risque s’est avéré trop important et a entraîné la crise mondiale de 2007, dite « des subprimes ».

 

 

– MARDI 21 AOÛT –
Le Diciotti, avec 177 migrants à son bord, est autorisé à accoster mais pas à débarquer

 

Les faits

Le Diciotti est arrivé lundi à Catane en Sicile, où Matteo Salvini l’a autorisé à accoster. Le ministre de l’Intérieur et vice-président du conseil italien a en revanche interdit à ses passagers de débarquer tant qu’une solution n’aura pas été trouvée entre les pays membres de l’Union Européenne pour répartir les 177 migrants qui se trouvent à son bord. Mercredi, les 29 mineurs présents à bord ont toutefois été autorisés à débarquer et le gouvernement a affirmé que toute assistance nécessaire à l’intérieur du bateau sera fournie. Les autres ont été débarqués dimanche, et une grande partie d’entre eux sera héberger par l’Eglise italienne selon Matteo Salvini.

Jeudi, l’autre vice-président du conseil et ministre de l’économie italien, Luigi Di Maio, avait lancé un ultimatum à la commission européenne pour trouver une solution à un problème que l’Italie ne peut plus selon lui gérer seule. Sans accord vendredi, l’Italie cessera de verser les 20 milliards d’euros de contribution au budget de l’Union Européenne qu’elle verse tous les ans. Malgré ces menaces, aucun accord n’avait été trouvé vendredi. Seule l’Irlande a répondu samedi être prête à prendre en charge 20 à 25 migrants, ainsi que l’Albanie – qui ne fait pas partie de l’Union Européenne – qui est prête à en accueillir 20 également. Matteo Salvini a maintenu samedi sa menace envers l’UE en affirmant que l’Italie ne votera pas lorsqu’il faudra l’unanimité pour voter le budget européen.

Plusieurs personnes se sont rassemblées pour demander que soient débarqués les passagers du Diciotti. Plusieurs personnalités politiques italiennes se sont également rendues sur place pour contester la politique du gouvernement. Sur le bateau, un début de mouvement de grève de la faim a été lancé parmi les migrants. La Cour de justice de Palerme a ouvert une enquête pour séquestration des personnes, arrestations illégales et abus de pouvoir contre Matteo Salvini et son chef de cabinet Matteo Piantedosi, enquête confiée ensuite au tribunal des ministres dédié aux potentiels délits commis par des membres de gouvernement. Matteo Salvini a estimé que cette enquête était une honte, et qu’il pouvait l’arrêter lui mais non la volonté de 60 millions d’Italiens.

 

Le contexte

Le Diciotti est un navire des gardes-côtes italiens. En juillet, il avait déjà été envoyé pour surveiller de loin 450 migrants entassés sur une barque de pêche entre Lampedusa et Malte (deux îles au sud de la Sicile). Il les avait alors recueillis contre l’avis du gouvernement, qui lui demandait d’attendre que Malte les prenne en charge. Cette fois encore, Matteo Salvini a vivement critiqué le fait que les garde-côtes aient de nouveau recueilli les migrants sans l’autorisation de Rome.

Ce n’est pas la première fois que la question de l’accueil des migrants divise l’Europe. Par deux fois, l’Aquarius a dû errer en mer dans l’attente d’un port voulant bien l’accueillir (voir la synthèse du 20 août). Une solution européenne globale coordonnée peine à se mettre en place.

 

Les définitions

Commission européenne : institution de l’Union Européenne (UE) qui réunit l’ensemble des commissaires européens (un par Etat membre de l’Union Européenne). Ces derniers sont nommés par le Conseil Européen (qui est composé de tous les chefs d’Etat des pays membres de l’Union Européenne) et validés par le Parlement Européen (dont nous élisons les députés lors des élections européennes).

Migrant : pas de définition juridique reconnue. Selon l’ONU, personne qui a résidé dans un pays étranger pendant plus d’une année, quelles que soient les causes, volontaires ou involontaires, du mouvement, et quels que soient les moyens, réguliers ou irréguliers, utilisés pour migrer. Selon cette définition, une personne partant travailler plus d’un an à l’étranger est considérée comme migrant. Une personne reconnue comme fuyant une crise politique majeure dans son pays d’origine est dite réfugiée, tandis qu’une personne demandant le statut de réfugié est un demandeur d’asile.

 

 

– MARDI 21 AOÛT –
Trump est fragilisé par les affaires judiciaires de deux de ses collaborateurs

 

Les faits

En une journée, mardi, Trump a été impliqué devant un juge par son ancien avocat, tandis que son ancien chef de campagne a été condamné dans une autre affaire. Le premier, Michael Cohen, a plaidé coupable de huit chefs d’accusation dans une affaire de fraude fiscale et bancaire et violation des lois sur le financement des campagnes électorales. Une déclaration a plus spécialement retenu l’attention, sous-entendant que l’actuel Président des Etats-Unis Donald Trump aurait pu commettre un délit. En effet, Michael Cohen a affirmé avoir versé, à la demande de celui qui était alors seulement candidat à l’élection présidentielle, les sommes de 130 000 et 150 000 dollars à l’actrice pornographique Stormy Daniels et la mannequin Karen McDougal. Ces deux femmes prétendaient en effet avoir eu dans les années 2000 une liaison avec Donald Trump, qui aurait voulu acheter leur silence. Selon l’avocat de Donald Trump, ces versements avaient pour but de protéger Donald Trump et sa famille et non d’influencer la campagne électorale. Cet aveu de Michael Cohen, passé sous serment, a largement surpris, ce dernier ayant affirmé en 2017 être prêt à prendre une balle pour protéger Donald Trump.

Dans le même temps, Paul Manafort, ancien directeur de campagne de Donald Trump, a été reconnu également coupable de fraude bancaire et fiscale de 10 chefs d’accusation. Pour Donald Trump, ce verdict, bien qu’émanant de l’enquête concernant une éventuelle ingérence de la Russie dans la campagne présidentielle américaine de 2016, ne prouve en rien que l’équipe de campagne de Donald Trump ait pu avoir des liens avec le gouvernement russe. Trump a par ailleurs loué un homme de bien et courageux. Concernant Michael Cohen, le président américain a évoqué des mensonges proférés sous la pression des enquêteurs dans l’espoir de pouvoir bénéficier d’un aménagement de peine.

 

Le contexte

Les soupçons d’ingérence russe dans les élections américaines de 2016 ont été rendus publics par les agences américaines de renseignement en octobre 2016, soit un mois avant les élections. La Russie était alors accusée d’avoir piraté et diffusé des emails de l’entourage proche de la candidate Hillary Clinton, dans le but de la discréditer. Ces mêmes agences ont ensuite affirmé en janvier que Vladimir Poutine était impliqué.

En février, les soupçons se sont tournés vers l’équipe de Donald Trump, qui pourrait avoir collaborer avec les russes dans cette affaire. Le président américain dénonce depuis lors une chasse aux sorcières. Le conseiller de Donald Trump à la sécurité nationale Michael Flynn a dû démissionner pour avoir menti à propos d’une discussion avec l’ambassadeur russe aux Etats-Unis. En mai, le président américain a limogé le directeur du FBI James Comey, alors que ce dernier supervisait une enquête sur les contacts entre l’équipe de Donald Trump et le gouvernement russe. L’enquête a alors été confiée à Robert Muller, ancien directeur du FBI. A la même période, Facebook et Twitter affirment que des comptes liés aux intérêts russes ont diffusé des fausses informations.

 

Les définitions

Délit : infraction située entre la contravention et le crime. En France, il peut entraîner entre 2 mois et 10 ans de prison – contre l’absence de prison pour la contravention et une peine de 15 ans à la perpétuité pour le crime.

Plaider-coupable : mode de traitement des infractions qui consiste, au terme d’une procédure allégée, de proposer au prévenu une peine inférieure à celle encourue en échange de la reconnaissance de sa culpabilité.

 

 

 

– MERCREDI 22 AOÛT –
Françoise Nyssen visée par une deuxième affaire immobilière

 

Les faits

Le Canard Enchaîné a révélé mercredi que Françoise Nyssen, la ministre de la culture a augmenté de 150 m2 la taille des bureaux parisiens d’Actes Sud, la maison d’édition de laquelle elle était directrice, sans autorisation de travaux ni déclaration au fisc (ce qui signifie qu’elle ne payait pas d’impôts sur cette surface non déclarée).

La ministre a affirmé ne pas avoir songé à démissionner dans une enquête qui vise une société, Actes Sud, et non une personne, Françoise Nyssen. Elle a également affirmé avoir le soutien du Président et du Premier ministre. Edouard Philippe, Premier ministre, a pour sa part affirmé lui avoir en effet réitéré son soutien, mais tout en lui rappelant les conditions pour appartenir au gouvernement et en affirmant que rien ne sera bloqué si la justice devait s’emparer de cette affaire.

 

Le contexte

Françoise Nyssen avait déjà été épinglée par le Canard Enchaîné en juin dernier suite à des travaux également non déclarés au siège de cette même société Actes Sud à Arles entrepris avec son mari – qui en est l’actuel président. Les travaux avaient toutefois été finalement régularisés par son mari en 2017 lorsqu’elle a été nommée ministre de la Culture.

 

 

– JEUDI 23 AOÛT –
De nouvelles taxes douanières entre la Chine et les Etats-Unis

 

Les faits

Accusant la Chine de pratiques commerciales déloyales, Donald Trump a annoncé jeudi vouloir imposer de nouveaux droits de douanes (25%) sur 274 catégories de produits chinois importés aux Etats-Unis (16 milliards de dollars, soit près de 14 milliards d’euros). La Chine a immédiatement riposté en annonçant à son tour des tarifs douaniers sur 16 milliards de dollars de produits américains importés en Chine.

 

Le contexte

Ce ne sont pas les premières taxes douanières imposées par Donald Trump dans le monde entier. L’Union Européenne est également visée par de telles exigences (voir la synthèse du 4 juin), et encore récemment la Turquie (voir la synthèse du 20 août 2018). Ce n’est pas la première vague de sanctions douanières imposées par les Etats-Unis à la Chine. Cette nouvelle est d’ailleurs intervenue au milieu des deux jours de discussions à Washington entre la Chine et les Etats-Unis, dont le but était d’envisager la fin de cette guerre commerciale.

 

Les définitions

Droit de douane : impôt sur des marchandises importées, qui s’applique lorsque lesdites marchandises passent la frontière. Il peut être forfaitaire ou équivalent à un pourcentage du prix de la marchandise. Le droit de douane augmentant le prix des marchandises étrangères, il a pour objectif de favoriser la consommation des produits nationaux.

 

 

 

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