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La synthèse hebdo du 03 décembre

Publié le 06 décembre 2018, par Matthieu Devillard

FOCUS SUR LA RUSSIE ET L’UKRAINE

Que se passe-t-il en Ukraine ?

Qu’est-ce que la loi martiale déclarée par l’Ukraine ?

Quels sont les intérêts russes et européens en Ukraine ?

Pourquoi l’Ukraine elle-même est-elle si divisée entre pro-russes et pro-européens ?

Est-ce que tout cela est lié à l’annexion de le Crimée en 2014 ?

 (Réponses à découvrir à la fin de la synthèse)

 

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– LUNDI 19 NOVEMBRE –

 

Le projet de loi d’orientation des mobilités (LOM) dévoilé

La Ministre des Transports Elisabeth Borne dévoile son projet de loi d’orientation des mobilités (LOM). 13 milliards d’euros devraient ainsi être investis dans les transports pour les 4 prochaines années, soit près de 40% de plus que pour les 4 dernières. Ce plan vise à encourager le vélo, le covoiturage et les véhicules électriques et à encadrer les nouvelles mobilités comme la trottinette électrique et les futurs véhicules autonomes.

Les gilets jaunes se choisissent des représentants

Les gilets jaunes élisent huit représentants nationaux, ou communicants officiels, pour tenter de rencontrer Emmanuel Macron et le gouvernement. Tous sont des provinciaux.

Dans une précédente synthèse : Focus sur les gilets jaunes et le prix de l’essence

 

 

– MARDI 27 NOVEMBRE –

 

Les préservatifs seront bientôt remboursés

La Ministre de la Santé Agnès Buzin a annoncé le remboursement des préservatifs sur prescription médicale dans le cadre de la lutte contre le SIDA. La Sécurité Sociale prendrait en charge 60% du remboursement, le reste pouvant être pris par les complémentaires santé.

 

Le site Démocratie Participative va être bloqué

Le Tribunal de Grande Instance de Paris a ordonné le blocage de Démocratie Participative, un site jugé raciste, antisémite et homophobe. Une telle décision est particulièrement rare, et celle-ci pourrait en appeler d’autres.

 

La loi martiale est déclarée en Ukraine

La loi martiale en Ukraine a été instaurée par décret présidentiel et approuvée par le Parlement pour une durée de 30 jours dans les régions frontalières de la Russie et de la Transnitrie – un territoire situé entre l’Ukraine et la Moldavie.

A la fin de cette synthèse : Focus sur les relations russo-ukrainiennes

 

Macron annonce de nouvelles mesures face aux gilets jaunes

Emmanuel Macron a dit entendre la colère des gilets jaunes et assuré ne pas les confondre avec les casseurs. Il a reconnu avoir fait trop peu socialement mais affirmé vouloir tenir le cap de l’écologie. Pour limiter leur impact sur les français qui roulent beaucoup, il a annoncé que la fiscalité sur les carburants ne sera plus fixe mais fluctuante, soit réévaluée tous les 3 mois à la variation du prix du baril. Il a également promis une grande concertation de terrain sur la transition écologique et sociale pendant les trois prochains mois avec des élus, des associations et des représentants des gilets jaunes.

Dans une précédente synthèse : Focus sur les gilets jaunes et le prix de l’essence

 

 

– MERCREDI 28 NOVEMBRE –

 

Le Brésil ne veut plus accueillir la COP25

Le Brésil a annoncé renoncer à accueillir la COP25 en 2019 en raison de restrictions budgétaires et du processus de transition avec la nouvelle administration du Président fraichement élu Jair Bolsonaro, très critiqué pour ses positions sur l’environnement.

Dans une précédente synthèse : Jair Bolsonaro élu président du Brésil

 

Jean-Marie le Pen condamné pour des propos jugés homophobes

Jean-Marie Le Pen a été condamné pour injure publique envers les homosexuels et provocation à la haine et à la violence. Il devra s’acquitter de 400 € d’amende, 2 000 € de dommages et intérêts et 2 000 € de frais de justice.

 

 

– JEUDI 29 NOVEMBRE –

 

Un haut-fonctionnaire soupçonné d’espionnage pour la Corée du Nord

Un haut-fonctionnaire du Sénat, Benoît Quennedey, a été mis en examen pour trahison et intelligence avec une puissance étrangère. Il est soupçonné d’espionnage au profit de la Corée du Nord.

Dans une précédente synthèse : Le troisième sommet intercoréen

 

Trump annule son sommet avec Poutine

Donald Trump annule sa rencontre prévue avec Vladimir Poutine prévue en marge du G20 à cause de la politique menée par ce dernier envers l’Ukraine.

A la fin de cette synthèse : Focus sur les relations russo-ukrainiennes

 

L’ex-avocat de Trump reconnaît avoir menti

L’ancien avocat de Donald Trump Michael Cohen a plaidé coupable d’avoir menti devant le Congrès Américain. Il avait nié tout lien avec des ressortissants russes pendant la campagne présidentielle américaine concernant d’un projet immobilier en Russie. Trump a dénoncé une stratégie de Cohen pour obtenir une réduction de peine.

Dans une précédente synthèse : Les résultats des Midterms

 

La Cour de cassation requalifie le statut des coursiers de Take Eat Easy

La Cour de Cassation a reconnu un lien de subordination (ordres donnés, exécution contrôlée, possibilité de sanctions) entre la plateforme numérique de livraison de nourriture Take Eat Easy et ses coursiers à vélo, considérés jusqu’alors comme des travailleurs indépendants.

 

Hollande soutient les gilets jaunes

François Hollande à encouragé les gilets jaunes à continuer leur action en marge d’un déplacement en Ardèche. Emmanuel Macron lui a répondu depuis l’Argentine, rejetant la faute sur son prédécesseur qui n’a pas su selon lui faire bouger les choses.

Dans une précédente synthèse : Focus sur les gilets jaunes et le prix de l’essence

 

 

– VENDREDI 30 NOVEMBRE –

 

Les Russes indésirables en Ukraine

L’Ukraine a décidé de limiter l’accès au pays aux étrangers et en particulier aux citoyens russes de sexe masculin et âgés de 16 à 60 ans, sauf pour des raisons humanitaires. Cette décision va notamment toucher le quotidien de nombreuses familles disséminés de part et d’autres de la frontière. La Russie a dénoncé cette décision mais affirme qu’elle ne répliquera pas par d’autres mesures pour éviter que la situation ne dégénère.

A la fin de cette synthèse : Focus sur les relations russo-ukrainiennes

 

Le Canada, le Mexique et les Etats-Unis signent un accord de libre-échange

Les dirigeants d’Amérique du Nord ont signé l’Accord Etats-Unis-Mexique-Canada (AEUMC) en remplacement de l’Accord de Libre-Echange Nord-Américain (ALENA).

Dans une précédente synthèse : Etats-Unis et Canada s’accordent sur le nouvel accord de libre-échange

 

La garde-à-vue de Carlos Ghosn est prolongée

Le Japon a prolongé de 10 jours la garde-à-vue du PDG de Renault. Les procureurs vont devoir d’ici là décider de le libérer ou de le mettre en examen.

Dans une précédente synthèse : Focus sur Carlos Ghosn et l’Alliance Renault-Nissan 

 

Seul deux représentants des gilets jaunes répondent à l’invitation d’Edouard Philippe

Alors que le Premier Ministre Edouard Philippe avait invité les huit représentants des gilets jaunes, seul deux se sont rendus au rendez-vous, dont un – Jason Herbert – a fait immédiatement demi-tour face au refus du Premier Ministre de retransmettre l’entretien en direct à la télévision. Edouard Philippe a affirmé l’importance qu’un tel dialogue se soit tenu malgré un nombre de représentants en-deçà de ce qu’il espérait. L’identité du seul représentant de l’entretien, passé par une porte dérobée, n’est pas connue.

Dans une précédente synthèse : Focus sur les gilets jaunes et le prix de l’essence

 

 

– SAMEDI 01 DECEMBRE –

 

Nouvelles violences partout en France lors du troisième samedi de mobilisation des gilets jaunes

La mobilisation de gilets jaunes aurait rassemblé 75 000 personnes dans plusieurs villes de France – contre 280 000 lors du 1er samedi de mobilisation et 100 000 lors du 2e. Des violences ont éclaté dans plusieurs villes de France, et notamment aux alentours de l’Arc de Triomphe à Paris.

Dans une précédente synthèse : Focus sur les gilets jaunes et le prix de l’essence

 

 

– DIMANCHE 02 DECEMBRE –

 

Le sommet du G20 débouche sur un accord a minima

Le sommet du G20 s’est achevé sur un accord a minima, prévoyant notamment l’engagement de chaque pays – à l’exception des Etats-Unis – de respecter l’accord de Paris sur le climat. La Chine et les Etats-Unis en ont profité pour signer une trêve commerciale dans laquelle ils s’engagent à ne pas appliquer de nouveaux droits de douane réciproque à partir du 1er janvier.

Dans une précédente synthèse : Nouvelles taxes douanières entre la Chine et les Etats-Unis

 

 

 

– FOCUS SUR LA RUSSIE ET L’UKRAINE –

 

 

 

 

 

Pourquoi la situation est-elle actuellement si tendue entre l’Ukraine et la Russie ?

Dimanche 25 novembre, les garde-côtes russes ont ouvert le feu puis arraisonné trois navires militaires ukrainiens partis de Odessa à destination de Mariupol. L’interception, qui a fait 6 blessés dont 2 graves parmi les 23 marins à bord, a eu lieu au niveau du détroit de Kertch. La Russie a également bloqué l’accès à la Mer d’Azov, avant de l’ouvrir de nouveau le lendemain. En réaction, le président ukrainien Petro Porochenko a promulgué le 28 un décret instaurant la loi martiale pour 30 jours dans une dizaine de régions, pour la plupart frontalières avec la Russie. C’est moins que ce que désirait initialement le Président, qui souhaitait l’instaurer pendant 60 jours et sur toute l’Ukraine. Mais il a dû faire face à la réticence du Parlement, qui craignait que cela gène le bon déroulement de la campagne présidentielle en vue des élections prévues en mars. Le décret comprend 12 mesures dont 1 secrète. Il permet notamment à l’Ukraine de mobiliser une partie de ses forces de réserve, organiser sa défense aérienne, renforcer ses dispositifs de contre-espionnage et de lutte contre le terrorisme et adopter des mesures en urgence pour garantir l’ordre public.

 

Que se reprochent les deux gouvernements ?

Prétendant avoir agi en conformité avec le droit international, les Russes ont justifié leur action en affirmant que les bateaux avaient pénétré illégalement sur les eaux territoriales russes et refusé de répondre à leurs demandes. Ils reprochent aux Ukrainiens de chercher un prétexte pour renforcer les sanctions occidentales envers la Russie décidée en 2014 suite à l’annexion de la Crimée. En retour, l’Ukraine accuse les Russes d’entraver depuis déjà plusieurs mois la navigation des navires commerciaux par le détroit. Petro Porochenko s’est par ailleurs inquiété de l’augmentation de la présence militaire russe en Crimée et en Mer d’Azov, craignant une offensive contre Mariupol, dernière grande ville de l’Est du pays encore aux mains des Ukrainiens.

 

Comment a réagi la communauté internationale ?

Le Conseil de Sécurité de l’Organisation des Nations-Unies (ONU) s’est réuni en urgence au lendemain des évènements, à la demande tant de l’Ukraine que de la Russie. Les américains ont accusé les Russes de harcèlement envers les bateaux souhaitant rejoindre les ports ukrainiens. Donald Trump, souvent accusé d’être trop conciliant avec la Russie, a même annulé sa rencontre prévue avec Vladimir Poutine en marge du G20, à cause de ce qu’il considère comme une agression. L’ONU, l’Union Européenne (UE) et l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) ont appelé à la retenue et à la désescalade.

 

Quels enjeux impliquent la domination de la Mer d’Azov et de la Crimée ?

La Russie et l’Ukraine ont signé en 2003 un accord qui affirme que la Mer d’Azov fait partie des eaux intérieures des deux pays. Cela signifie que les navires des deux pays, qu’ils soient marchands ou militaires, pouvaient y naviguer. Mais l’annexion de la Crimée par les Russes en 2013 a rebattu les cartes, la Russie revendiquant désormais les eaux au large de cette région et contrôlant surtout le détroit donnant l’accès à la Mer d’Azov. Le contrôle de la Crimée garantit également à la Russie l’accès et la maîtrise définitive du port de Sébastopol. En 1948, au sein de l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS), la Russie a détaché Sébastopol de l’Ukraine pour le contrôler directement en raison de sa place stratégique sur la Mer Noire. A la chute de l’URSS, Sébastopol a adopté un statut spécial, redevenant ukrainienne de jure mais étant russe de facto. En effet, c’est là que la Russie base sa flotte de la Mer Noire. Le bail de la Russie sur Sébastopol a été prolongé jusqu’en 2042, mais au prix de longues négociations. Dominer la Crimée représente donc pour les Russes un intérêt stratégique majeur leur permettant de sécuriser l’accès et la possession du port. Enfin, la Crimée présentait un intérêt culturel du fait de ses rapports historiques avec la Russie.

 

Pourquoi l’Ukraine est-elle si divisée entre pro-russes et pro-européens ?

Jusqu’au XVIIe siècle, l’Ouest a connu les dominations lituanienne, polonaise et austro-hongroise tandis que l’Est est déjà largement sous influence russe. La Russie considère d’ailleurs que Kiev, la capitale ukrainienne, a été la première capitale de la Russie au Moyen-Âge. Au XVIIIe siècle, la Russie conquiert la quasi-totalité des territoires de l’Ukraine. En 1917, la Révolution renverse le tsar Nicolas II, entraînant le retrait du pays de la Première Guerre Mondiale et la chute de l’Empire russe. L’Ukraine en profite pour proclamer son indépendance, avant de devenir la République Socialiste Soviétique d’Ukraine et intégrer l’URSS. C’est lors de la chute de cette dernière que l’Ukraine devient finalement indépendante. C’est ainsi que s’explique le fait que les Ukrainiens de l’Est et de Kiev parlent davantage russe qu’ukrainien. L’Est est également dominé par la religion orthodoxe et rattaché religieusement au Patriarcat de Moscou. Les Ukrainiens d’origine russe représentent aujourd’hui 17% de la population mais sont très largement majoritaire dans certaines régions. Ce lien avec la Russie est toutefois loin de faire l’unanimité en Ukraine. La grande famine des années 30 et la Seconde Guerre Mondiale ont fait beaucoup de morts, en particulier dans l’Ouest du pays. Ces deux évènements sont considérés comme les éléments fondateurs de la division profonde de l’Ukraine entre Est et Ouest sur la question russe et expliquent les rapprochements de l’Ukraine avec l’Occident à partir de 2004.

 

Pourquoi la Russie craint-elle l’influence européenne sur l’Europe de l’Est ?

La Russie cherche à limiter l’influence militaire – via l’OTAN –, politique et économique – via l’UE – de l’Occident sur Europe de l’Est. En effet, pour elle, le passage de ses alliés historiques du côté occidental constitue une avancée inquiétante de l’influence américaine près de sa frontière. De plus, la Russie considère cette extension occidentale comme la violation d’une promesse faite par l’Occident de ne pas étendre son influence à l’Europe de l’Est. Cette promesse a été prononcée par le Secrétaire d’Etat américain James Baker et le Chancelier de la République Fédérale Allemande (RFA) Helmut Kohl lors des négociations menées dans le cadre du processus de réunification de l’Allemagne en 1989 et 1990. En effet, la RFA à l’Ouest faisait alors partie de l’OTAN, tandis que la République Démocratique Allemande (RDA) à l’Est était signataire du Pacte de Varsovie. C’est pourquoi Mikhaïl Gorbatchev craignait que la réunification de l’Allemagne entraîne l’expansion de l’emprise occidentale sur la zone historique d’influence russe. Mais ces promesses n’ont jamais été couchées par écrit et n’ont donc pour l’Occident aucune valeur juridique. Vladimir Poutine reconnaissait lui-même en 2015 une erreur majeure de Gorbatchev.

 

A quand remontent les premiers rapprochements de l’Ukraine avec l’Union Européenne et l’OTAN ?

Après son indépendance, l’Ukraine est restée plusieurs années aux mains de gouvernements pro-russes. En 2004, Viktor Ianoukovitch, pro-russe également, a été élu Président de l’Ukraine. Mais les élections ont été jugées frauduleuses, ce qui a entraîné la Révolution Orange menée par le candidat pro-européen perdant Viktor Iouchtchenko et son alliée Ioulia Tymochenko. La Cour Suprême a fini par annuler le scrutin, et de nouvelles élections ont finalement porté Iouchtchenko au pouvoir. Durant la campagne, les deux camps ont été largement soutenus par des puissances étrangères, notamment les Etats-Unis et la Russie. Lors des résultats finaux, les résultats par région ont révélé clairement la fracture entre Est et Ouest. La présidence de Iouchtchenko a été marquée par une série de crises politiques et a laissé six ans après un pays affaibli par la crise économique et la corruption. Au niveau des relations extérieures, il a travaillé sans surprise à un rapprochement du pays avec l’OTAN et l’UE. En 2007, il a notamment entamé des négociations en vue d’un accord d’association entre l’Ukraine et l’Union Européenne, qui prévoyait le rapprochement politique et économique des signataires. Viktor Ianoukovitch est revenu au pouvoir en 2010 mais a poursuivi et terminé les négociations jusqu’en 2012, programmant même avec l’UE la signature de l’accord pour novembre 2013.

 

Comment se rapprochement a-t-il abouti à la crise de 2014 ?

Mais au dernier moment, Viktor Ianoukovitch a finalement refusé de ratifier l’accord. Les Etats-Unis et l’Europe ont accusé la Russie de pression sur le gouvernement ukrainien via l’augmentation du prix du gaz. La Russie fournissait à des prix particulièrement bas 58% de la consommation ukrainienne de gaz. A l’intérieur du pays, le mouvement pro-européen Euromaïdan est né en contestation de cette décision, organisant de nombreuses manifestations place de l’Indépendance (ou Maïdan) à Kiev. Plusieurs morts sont à déplorer suite à de violentes répressions policières ainsi qu’à la présence de mouvements néo-nazis pro-UE parmi les manifestants. La situation a abouti en février à une révolution et la destitution par le Parlement ukrainien de Viktor Ianoukovitch qui s’est alors enfui en Russie. Après nomination d’un nouveau gouvernement, l’accord avec l’UE a malgré tout été signé le 21 mars 2014. Mais les Ukrainiens pro-russes se sont également mobilisés et des mouvements anti-Maïdan ont ainsi émergé à Kiev et dans le Sud-Est du pays. La colère de ces derniers a été attisée par la décision du Parlement ukrainien, au lendemain de la destitution de Viktor Ianoukovitch, de retirer au russe son statut de langue officielle dans près de la moitié des régions d’Ukraine.

 

Comment la Russie a-t-elle annexé la Crimée en 2014 ?

Quelques jours après la destitution de Viktor Ianoukovitch, un groupe d’hommes non identifiés s’est emparé du siège du gouvernement et du Parlement de Crimée à Simféropol et y ont hissé des drapeaux russes à la places des drapeaux ukrainiens. Refusant de reconnaître le nouveau gouvernement, le Parlement de Crimée a alors annoncé la tenue d’un référendum sur l’indépendance de la région, qui disposait déjà d’une certaine autonomie, puis sur son rattachement à la Fédération de Russie. Avant même la tenue du référendum, des militaires sans insignes, cagoulés et lourdement équipés ont occupé plusieurs points stratégiques de Crimée. Les Occidentaux ont accusé ces soldats d’être envoyés par les Russes. Finalement, le résultat officiel du référendum a été de 96,6% de « oui » au rattachement à la Russie. Ce chiffre particulièrement important a entraîné de nombreuses accusations de fraudes. Vladimir Poutine a finalement signé le rattachement de la Crimée à la Russie le 18 mars 2014 et a même inauguré cette année un pont reliant la Russie à la Crimée. Considérant le référendum comme illégal, les pays occidentaux refusent encore aujourd’hui de reconnaître la Crimée comme un territoire russe. Dans le Dombass, à l’Est du pays, les manifestations anti-Maïdan ont évolué en insurrection armée et les séparatistes pro-russes ont proclamé la République populaire de Donetsk le 7 avril et de Louhansk le 11 mai. L’Ukraine a alors envoyé l’armée, sans parvenir à repousser les insurgés dans un conflit qui perdure encore aujourd’hui. L’Occident accuse également la Russie de soutenir illégalement les séparatistes.

 

Définitions

Arraisonnement : Arrêter un navire en mer pour contrôler sa cargaison, sa destination, son équipage…

Loi martiale : instauration dans un pays d’un état judiciaire d’exception, au sein duquel l’armée assure le maintien de l’ordre à la place de la police ou en collaboration avec celle-ci.

Organisation des Nations-Unies (ONU) : organisation internationale créée en 1945 et regroupant désormais 193 pays, dont l’objectif est d’assurer la paix et la sécurité internationale.

Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) : organisation politico-militaire mise en place par les pays signataires du traité de l’Atlantique nord afin de pouvoir remplir leurs obligations de sécurité et de défense collectives. Il compte aujourd’hui 29 Etats membres.

Patriarcat de Moscou : juridiction où siège le patriarche de l’Eglise Orthodoxe Russe.

République Fédérale Allemande (RFA) : nom officiel de l’Allemagne actuelle et de la partie Ouest de l’Allemagne durant la Guerre Froide.

République Démocratique Allemande (RDA) : nom officiel de la partie Est de l’Allemagne durant la Guerre Froide.

 

 

 

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