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La synthèse hebdo du 28 janvier

Publié le 28 janvier 2019, par haja

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 LUNDI 21 JANVIER –

Alexandre Benalla répond aux questions de la commission d’enquête sénatoriale

L’ambiance est tendue et les questions fusent, certaines restent sans réponse. En effet, Alexandre Benalla se réfugie derrière le fait qu’une procédure judiciaire est en cours, et qu’il ne souhaite pas empiéter sur le travail du Parquet. Les sujets abordés sont la détention potentiellement illégale de passeports diplomatiques et d’un téléphone ultra-sécurisé appelé Teorem, un voyage au Tchad effectué dernièrement par l’intéressé, et ses relations avec l’Élysée. L’ex-chargé de mission de l’Élysée assure une fois de plus qu’il n’a pas menti lors de son audition du 19 septembre dernier quand il a affirmé ne plus avoir en sa possession les passeports diplomatiques à cette date-là. Dans ses déclarations, Benalla témoigne avoir rompu tout contact avec La République en marche (LREM) et la présidence et ne fournit aucune information sur l’identité de son nouvel employeur. Pour le reste, beaucoup de doutes planent encore autour de cette affaire : peut-on parler aujourd’hui de « négligence ou de protection » de la part de l’Élysée ? Existe-t-il un « comparse » qu’il faut protéger ou Benalla ment-il ?D’autant que le président de la commission d’enquête a déclaré aux micros des journalistes, en sortant de l’audition : « Après ces auditions, il y a beaucoup de contradictions à explorer. »

 

Le Brexit prend des tournures de fiasco politique

Après avoir essuyé une lourde de défaite à la Chambre des communes la semaine dernière, et évité une motion de censure, la Première ministre britannique Theresa May présente un plan B sur l’accord de sortie de l’Union européenne de son pays. Le plan A avait été massivement rejeté par les parlementaires, obligeant à la relecture du projet gouvernemental. À l’inverse, la dirigeante décide de préserver son texte pour faire pression sur la Chambre qui s’inquiète d’une sortie sans accord et n’envisage aucune révocation du processus de sortie de l’UE. De son côté, le leader de l’opposition Jeremy Corbyn, chef du Parti travailliste, critique vigoureusement l’immobilisme gouvernemental et réclame une modification des « lignes rouges » de l’accord, tandis que certains députés réclament même un nouveau référendum. Les vingt-sept États encore membres de l’UE sont de plus en plus sceptiques quant aux intentions du gouvernement britannique sur cet accord, nombre d’entre eux jugeant catastrophiques les conséquences économiques et politiques d’un « hard Brexit ». Affaire à suivre donc pour tous les États européens, sachant qu’à titre indicatif, un vote aura lieu à la Chambre des communes mardi prochain. Par ailleurs, si le vote favorable l’emporte, alors le vote de ratification aura lieu au plus tôt à la mi-février. En attendant ces deux échéances, le Royaume-Uni reste dans l’incertitude face à une probable sortie de l’UE sans accord et la population britannique ne peut qu’assister à des affrontements politiques sans fin entre parlement et gouvernement.

 MARDI 22 JANVIER 

La France et l’Allemagne concluent un nouveau traité à Aix-la-Chapelle

L’ancienne capitale de l’Empire carolingien accueille la signature d’un traité « sur la coopération et l’intégration franco-allemandes ». Emmanuel Macron et Angela Merkel, deux chefs d’États malmenés par des contestations grandissantes au sein de leurs pays respectifs, veulent réaffirmer leur coopération pour pouvoir répondre aux attentes de la crise que traverse l’UE. Les critiques fusent de toutes parts et des partis français et allemands opposés au pouvoir en place ne cachent pas leur défiance quant aux propositions du traité. L’accord est très large et tente de nouer un « partenariat nouveau » dans la lignée du traité de l’Élysée, première étape de la réconciliation franco-allemande en 1963 pendant la Guerre froide. Il prévoit notamment une coopération en matière de défense afin de former une force de défense unie contre les agressions allant même jusqu’à créer un « conseil franco-allemand de défense et de sécurité ». L’autre souhait majeur ambitieux s’attache au rapprochement culturel des peuples à tous les niveaux : géographique, économique, environnemental et institutionnel. Pour les deux pays, l’objectif est donc d’harmoniser les choix politiques pour recréer une amitié franco-allemande durable et efficace. À titre d’exemple, le traité entrevoit « des dérogations pour surmonter les obstacles à la réalisation de projets transfrontaliers » ou encore la création d’une assemblée commune composée de cinquante députés allemands et cinquante députés français pour délibérer et adopter des solutions communes. De quoi effrayer les partis souverainistes français et allemands comme le Rassemblement national, qui voit dans cette mesure transfrontalière la « mise sous tutelle de l’Alsace » et qualifie le traité d’« acte de trahison », ou encore Alexander Gauland, un des critiques les plus virulents à l’égard d’Angela Merkel, accuse les deux chefs d’État de vouloir créer une « super-UE » au sein même de l’Union européenne. Emmanuel Macron répond publiquement aux critiques dans son discours à Aix-la-Chapelle en accusant ses détracteurs français de faire « mal à notre Histoire et à nos peuples ». Côté allemand, un soutien fervent du traité, Armin Laschet, haut fonctionnaire de l’État de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, considère que le traité est « l’inverse de la doctrine « mon pays d’abord ». L’altruisme envers les autres membres de l’Union européenne est encore timide et ce traité semble bien se focaliser sur des préoccupations franco-allemandes.

  

Parcoursup fait sa deuxième rentrée

Après une première rentrée 2018 sous le flot des critiques, la plateforme d’admission post-bac rouvre ses portes aux vœux des lycéens ou étudiants pour leurs orientations futures. Le ministère de l’Éducation resserre les dates du calendrier, permettant ainsi de fixer plus rapidement les étudiants par rapport aux réponses à leurs choix : une problématique qui avait été soulevée par la campagne de l’an dernier. Toutes les nouveautés affichent donc l’objectif d’accélérer la procédure et de la rendre plus agréable et moins angoissante. Grâce à la voix des lycéens et des étudiants, les prochains mois nous diront si la plateforme aura atteint ses objectifs et si elle aura permis de réellement pallier les maux de la précédente version.

Le Forum de Davos ouvre ses portes à des nouveaux et perd des ténors

Davos, petite station de ski, accueille du 22 au 26 janvier l’élite de la finance et de l’économie mondiale pour débattre et réfléchir sur le thème conçu pour l’année 2019 : « concevoir une nouvelle architecture mondiale à l’âge de la quatrième révolution industrielle ». 4 milliers, c’est le nombre de participants à ce gigantesque événement annuel dont ne font pas partie cette année trois chefs d’États importants: Emmanuel Macron pour la France, Theresa May pour le Royaume-Uni et Donald Trump pour les États-Unis. La raison principale de ces absences est la priorité aux affaires intérieures qui prennent actuellement la tournure de troubles politiques majeurs, comme la crise des Gilets jaunes en France. C’est pourquoi, certains dirigeants profitent de ces absences et s’affichent en leaders alternatifs comme le nouveau chef de l’État brésilien Jair Bolsonaro. Le Forum est marqué par la présence grandissante de nouvelles forces politiques très conservatrices qui pèsent de plus en plus dans les discussions. De plus, la conférence internationale a déjà mauvaise réputation car elle est le symbole du capitalisme outrancier dans lequel « des gens se rencontrent, bavardent, se serrent la main, échangent des tuyaux et s’en vont », selon Jacques Attali. L’impact de Davos est difficilement quantifiable, ce qui ne joue pas en sa faveur auprès du grand public, même si la fondation à l’origine du Forum tente de prouver son attrait pour l’engagement social en publiant différents rapports sur le fossé persistant et grandissant entre pauvres et riches. Deux hypothèses sont émises : soit la fondation du Forum de Davos essaye de se construire une fausse image d’humanité, soit elle prend conscience de l’importance de son rôle dans la lutte contre la pauvreté grâce à son statut de conférence internationale.

La loi sur la prostitution revient au cœur des débats au Conseil constitutionnel

Art. 611-1 du Code pénal : « Le fait de solliciter, d’accepter ou d’obtenir des relations de nature sexuelle d’une personne qui se livre à la prostitution (…) est puni de l’amende prévue pour les contraventions de la cinquième classe. » Neuf associations et une trentaine de travailleurs du sexe s’attaquent à cette loi et plus particulièrement à cet article, qui prévoit une amende variant entre 1 500 euros et 3 750 euros. Ils réclament au Conseil constitutionnel de vérifier la validité de cette règle de droit par rapport à la Constitution. En effet, cette loi s’attaquerait à différentes libertés fondamentales comme : « la liberté sexuelle, le droit au respect de la vie privée, la liberté contractuelle et la liberté d’entreprendre ». D’autres raisons sont évoquées comme la baisse des revenus des travailleurs du sexe et l’obligation, pour la plupart, de migrer vers des lieux de travail plus reculés les exposant à davantage d’agressions de la part de leurs clients. L’avocat rattaché aux requérants définit un système à « caractère schizophrénique » car les travailleurs du sexe sont dans l’obligation de payer des impôts quand bien même leurs clients sont pénalisés. Dans l’autre camp, la principale association, le Mouvement du nid, sollicite purement et simplement une abolition du système prostitueur et défend la loi avec vigueur car « sans acheteur, il n’y pas de prostitution ». De plus, les défenseurs de la loi voient dans l’abrogation de ce texte une première étape vers la dépénalisation totale de la prostitution qui équivaudrait à normaliser cette activité qu’ils considèrent  comme de l’esclavage sexuel et de la marchandisation du corps humain.

Les professionnels de la psychiatrie viennent grossir les rangs du mécontentement ambiant

Les rues de Paris accueillent une nouvelle fois la colère du peuple. Ce ne sont pas les Gilets jaunes, comme à leur habitude, mais les psychiatres et les infirmiers qui montent au créneau pour dénoncer le manque d’effectifs et de places dans les dispensaires. Selon l’Inspection générales des affaires sociales, le nombre de lits en psychiatrie générale a diminué de 60 % alors que la France est le plus gros consommateur d’antidépresseurs en Europe et que le nombre de burn-outs ne cesse d’augmenter. L’agacement se lit sur toutes les lèvres et tous s’inquiètent des conséquences graves sur leurs patients si la situation ne s’arrange pas.

 MERCREDI 23 JANVIER 

Renault fait le choix d’une gouvernance bicéphale après la nomination à la présidence de Jean-Dominique Senard

L’actuel patron de Michelin est choisi pour succéder à Carlos Ghosn à la présidence de Renault. En effet, l’actuel président devrait probablement présenter sa démission dans la nuit de mercredi à jeudi après le refus de la justice japonaise de sa demande de libération sous caution. L’ère Ghosn s’achève et laisse la place à un nouveau visage à la tête de Renault. C’est donc Jean-Dominique Senard qui reprend les rênes du premier constructeur automobile français après trois mois de gouvernance transitoire assurée seul par l’ex-bras droit de Carlos Ghosn, Thierry Bolloré. La tâche s’annonce ardue pour le nouveau président dont la première mission est de sauver l’alliance puissante et précieuse Renault-Nissan-Mitsubishi. L’entreprise japonaise Nissan doit, elle aussi, trouver un successeur à Carlos Ghosn. C’est en tout cas le souhait de Renault pour son allié. Finalement les vœux du ministre de l’Économie Bruno Le Maire sont petit à petit exaucés, lui qui voulait la formation d’une gouvernance « pérenne » pour Renault après le placement en garde à vue de Carlos Ghosn le 20 novembre dernier. Le bilan de Carlos Ghosn est mitigé : depuis 2017, l’alliance est devenu le premier constructeur automobile mondial mais d’un autre côté, son mandat est marqué par de nombreuses délocalisations vers des pays ateliers : par exemple, l’effectif de Renault en France est de passé de 70 200 à 47 700 entre 2005 et 2017.

Le président du Parlement s’autoproclame président de la république vénézuélienne

Nouveau coup dur pour Nicolas Maduro qui s’est trouvé un nouveau et jeune adversaire, Juan Guaido, dans la contestation de son pouvoir, qu’il qualifie d’ailleurs de « gamin qui joue à la politique ». Depuis plusieurs années, le Venezuela est le terrain d’affrontements entre pro et anti-Maduro, qui ont fait 127 morts rien qu’en 2017. Le pays traverse une des plus lourdes crises de son histoire, se traduisant par une inflation qui approche les 90 000 % et des pénuries alimentaires à répétition à l’origine d’un climat explosif dans toutes les villes du pays. Accusé d’être un dictateur bafouant l’État de droit et les libertés individuelles, Nicolas Maduro a été investi pour un deuxième mandat le 10 janvier et a toujours le soutien indéfectible de l’armée nationale qui renouvelle son allégeance à la Constitution au jour où l’opposition se donne un nouveau souffle grâce Juan Guaido. Les États-Unis, le Canada et les principaux pays d’Amérique latine reconnaissent dans la foulée ce nouveau président. En réaction, Nicolas Maduro annonce la rupture de ses relations diplomatiques avec les États-Unis. Le Venezuela reste à ce jour le pays avec une des plus grandes réserves de pétrole au monde, c’est pourquoi il est au centre de toute l’attention, notamment celle des États-Unis et de leur projet géopolitique de suprématie sur l’Amérique centrale et du Sud ou encore de celle de la Chine, plus grand consommateur de pétrole du monde.

– JEUDI 24 JANVIER 

Le 3e épisode de la série « Grand débat national » se joue dans la Drôme

Emmanuel Macron rencontre une soixantaine d’élus locaux lors d’un déjeuner organisé par l’Association des maires des 12 départements puis le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez dans un entretien privé. Dans la troisième région la plus pauvre de France, les discussions sont en grande partie portées sur la fiscalité et les services publics.

En fin de journée, accompagné de son ministre de l’Agriculture Didier Guillaume, ancien élu du département, le président décide d’aborder les Français directement en s’invitant dans un débat avec 250 Gilets jaunes sous forme de questions-réponses dans la commune de Bourg-de-Péage . Le choix de la surprise de la part du chef de l’État est salué par l’assemblée des citoyens drômois. En revanche, la population française reste mitigée quant à cette consultation nationale : 67 % estiment que c’est une « bonne chose », mais 62 % sont d’avis que l’exécutif ne prendra pas en compte les résultats des débats (sondage OpinionWay).

Ingrid Levasseur et sa liste Gilets jaunes partent à la conquête des sièges du Parlement européen

Critiquée dès son annonce, la liste Gilets jaunes présente 10 candidats en vue de constituer une liste complète de 79 candidats pour les élections européennes du 26 mai. L’initiative était une idée pressentie depuis le départ du mouvement contestataire, c’est pourquoi l’aide soignante Ingrid Levasseur démarre le processus avec 9 autres candidats, tous issus des débuts de la mobilisation, « pas de technocrates », affirme Hayc Shahinyan, figure du mouvement annoncé comme le futur directeur de campagne. Les Gilets jaunes favorables à la liste se réjouissent de voir le mouvement s’étendre aux urnes qui pourraient porter leurs revendications jusqu’aux oreilles des technocrates européens. Ingrid Levasseur et sa bande font le choix de rester indépendants pour éviter toute récupération politique et soutenir leur message sur le long terme afin de ne pas être happés par un système politique qu’ils combattent. Cette liste ne fait pas l’unanimité au sein du mouvement et certains n’attendent pas pour le faire savoir. C’est le cas de Maxime Nicolle et Eric Drouet, figure « martyr » des Gilets jaunes. Ils ont tous les deux qualifié l’initiative de « trahison ». « Rester dans le système », voilà ce que reproche une partie des Gilets jaunes à Ingrid Levasseur qui démarre son combat électoral. La liste Gilets jaunes divise donc profondément le mouvement dans ses finalités, même si les idées restent inchangées. Le sondage Elabe sur les intentions de vote pour les élections européennes prédit une troisième place au parti Gilets jaunes arborant le sigle RIC (Rassemblement d’Initiative Citoyenne), avec 13 % des voix, ce qui le place derrière La République en marche et le Rassemblement national, mais devant Les Républicains ou La France insoumise.

Les recherches s’achèvent pour retrouver Emiliano Sala

L’attaquant du FC Nantes manquait à l’appel depuis lundi soir, probablement disparu en mer pendant un transit en avion entre Cardiff et Nantes. Les recherches auront duré vingt-quatre heures mais sans succès : l’argentin est introuvable, au grand désespoir d’abord de sa famille puis de son club, qu’il venait de quitter pour le club gallois de Cardiff.

 VENDREDI 25 JANVIER – 

La parité n’est plus respectée au Gouvernement avec l’arrivée du nouveau secrétaire d’Etat Adrien Taquet

Ce jeune politicien de 42 ans abandonne son siège de député des Hauts-de-Seine pour s’installer sur les bancs du gouvernement. Il devient secrétaire d’Etat  à la Protection de l’enfance. Il est membre de La République En Marche depuis les premières heures du mouvement. Déjà engagé « à bosser sur les angles morts de la République » durant son mandat parlementaire, Adrien Taquet doit répondre à de grands défis en pilotant la « stratégie nationale pour la protection de l’enfance et de l’adolescence » qui sera présentée lundi prochain en Conseil des Ministres. L’objectif est de reconstruire un système en perdition dans lequel le nombre de mineurs pris en charge ne cesse d’augmenter : hausse de 4,2% par an.

Les chiffres du chômage annoncent une baisse pour le 4ème semestre de 2018

Le troisième trimestre s’était soldé par une légère hausse. Pôle Emploi retrouve donc partiellement le sourire depuis la publication des chiffres du chômage. En moyenne sur tout le territoire et dans toutes les catégories, l’Insee relève une baisse de 0,8% sur le semestre et de 0,3% sur l’année 2018. Attention à ne pas se réjouir trop vite avait annoncé Muriel Pénicaud  car « on ne résout pas 30 ans de chômage d’un coup de baguette magique ». Plusieurs mesures ont déjà été prises comme un décret du 30 décembre prévoyant qu’après deux refus d’une offre raisonnable fait un à demandeur d’emploi, l’allocation chômage serait supprimée pendant un mois. Pour les années à venir, la ministère du Travail choisit de miser en particulier sur la formation et l’apprentissage pour lutter contre le chômage.

 SAMEDI 26 JANVIER – 

Acte XI : La mobilisation reprend malgré les divisions quant à la liste « gilets jaunes » aux européennes

11ème dimanche de suite que la France des oubliés manifestent dans toutes les rues de l’Hexagone. Les revendications sont inchangées : RIC, suppression du Sénat, indépendance des journalistes…Les dégradations, les affrontements, les blessés sont encore de la partie et cette fois-ci un cadre du mouvement est touché : Jérôme Rodrigues est blessé à l’oeil alors qu’il filmait en direct pour les réseaux sociaux. Son camarade Eric Drouet appelle dans la foulée au « soulèvement par tous les moyens possibles ». Le gouvernement par l’intermédiaire de son ministre de l’Intérieur Christophe Canaster condamne une fois de plus « les violences et les dégradations commises (…) par des casseurs camouflés en “gilets jaunes” ». La nouveauté de l’Acte XI est l’organisation d’une « nuit jaune » place de République à Paris ayant pour but de « débattre, d’échanger » sur les revendications pendant la durée d’une nuit pour faire pression sur le Grand débat national organisé par le gouvernement. Cette stratégie pacifique ressemble évidemment à la mobilisation ‘Nuit debout” pendant le quinquennat Hollande qui rejetait la loi Travail portée par Myriam El Khomri.

 DIMANCHE 27 JANVIER – 

Un grand nombre de familles se mobilisent pour le climat et contre l’immobilisme dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre

Les revendications veulent atteindre le Grand débat national en cours pour faire de l’environnement une préoccupation majeure des années à venir qui s’annoncent décisives pour la société française. Le mouvement s’étend sur tout le territoire et rassemble environ 80 000 personnes, un chiffre en baisse par rapport aux 100 000 des mobilisations d’octobre et décembre. A Lyon, les manifestants créent une chaîne humaine tandis que  les slogans visibles sur les pancartes donnent un ton léger aux évènements « des oignons, pas du béton », « moins de consommation, plus de papillons »…

Les foulards rouges se réunissent à Paris pour défendre les valeurs et les institutions républicaines

La République En Marche ne soutient pas officiellement l’initiative même si certains députés LREM comme Olivia Grégoire ont annoncé qu’ils se joindront au groupe sans marque visible de leur appartenance. 10 500 personnes défilent donc dans les rues de Paris. Ils s’insurgent contre la violence engendrée par les manifestations depuis onze semaines tout en défendant le système républicain actuel des positions jugée « extrémistes » des gilets jaunes. Les pancartes et banderoles parlent d’elles-mêmes: « Stop aux violences », « Nos désirs ne sont pas désordre », « Le chienlit ça suffit », etc. Quelques dizaines de gilets jaunes disséminés sur le parcours des foulards rouges, forment une contre-manifestation pour afficher leurs messages traditionnels : « Macron démission » et « Tout brûle déjà ». La préfecture ne retient aucun incident ou débordement dans cette manifestation revendiquée pacifiste et anti-violence. Seul couac, celui du nombre de manifestants car les prévisions un peu trop ambitieuses de Facebook n’ont pas tenu leurs promesses : 27 000 intéressés pour 10 500 manifestants.

 

 

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