Espace membre
[swpm_login_form]

La synthèse hebdo du 4 février

Publié le 04 février 2019, par haja

Imprimer la synthèse

 

 

– LUNDI 28 JANVIER –

Le prélèvement à la source continue de s’étendre

Après le prélèvement sur les salaires de janvier 2019, la réforme va se généraliser à tous les contribuables. En cette fin janvier, c’est l’étape du prélèvement pour 26 millions de salariés et fonctionnaires qui a été franchie sans dommage. Une vérification s’imposera dès lors pour que les fonds retenus par les entreprises soient reversés à Bercy dans les temps. Pour les entreprises de plus de 50 salariés, le délai est fixé au plus tard le 8 février, les plus petites ayant jusqu’au 18 février. L’atout du nouveau système : la possibilité de moduler son taux en fonction de l’évolution de ses revenus ou de sa situation familiale.Pour l’administration, cette réforme devrait être source d’une complexité nouvelle puisqu’elle devra gérer ces changements tout au long de l’année. Quant aux contribuables, ils devront pour changer leur taux fournir leurs revenus de l’année en cours et évaluer ceux de l’année suivante ; prévision qui pourrait s’avérer complexe, notamment pour les travailleurs indépendants. Le prochain grand rendez-vous de la réforme aura lieu en mai 2019, lorsque les foyers recevront leur déclaration de revenus qui reste – impôts à la source ou non – un exercice incontournable.

– MARDI 29 JANVIER –

Brexit, les entreprises britanniques jouent contre la montre

Les députés britanniques ont voté sur plusieurs amendements pour envisager une issue au débat du Brexit. Après le rejet du traité de retrait négocié par le gouvernement avec Bruxelles, le dossier semble dans l’impasse et les entreprises françaises et outre-Manche s’inquiètent d’un non-accord sur les modalités de séparation entre l’Union Economique et le Royaume-Uni. A moins de deux mois de la date prévue du Brexit, l’incertitude politique sévit toujours, contraignant de nombreuses entreprises à prendre des mesures radicales (déplacement de sièges sociaux, privation équivalente pour le pays millions d’euros d’impôts sur les bénéfices…). Face au dérèglement des échanges qu’un “No deal” pourrait engendrer, aucun secteur n’est épargné. Pourtant, parallèlement à ces perturbations, le taux de chômage au Royaume-Uni n’a jamais été aussi faible (4%) depuis 44 ans : les dirigeants politiques ont en effet opté pour une stratégie de l’emploi de masse mal rémunéré, même si les employeurs semblent forcés d’accroître leurs offres de salaires pour attirer les travailleurs locaux. Si aucun consensus de retrait n’est trouvé, le 30 mars à minuit, le Royaume-Uni deviendra un pays tiers pour les 27 Etats membres de l’Union, occasionnant le retour, du jour au lendemain et après trente ans de libre-échange dans le cadre du marché unique, aux tarifs douaniers, aux contrôles aux frontières et à des formalités administratives accrues.

L’OCDE réfléchit à de nouvelles règles fiscales pour taxer les GAFA

Forte d’un nouvel accord de principe à 127 pays représentant 90% de l’économie mondiale, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) entend fixer de nouvelles règles fiscales mondiales dès 2020 pour taxer les géants du numérique, les fameux GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple). Régulièrement accusés d’évasion fiscale, ces entreprises délocalisent leurs profits dans les paradis fiscaux, échappant peu ou prou à l’impôt sur les sociétés. Néanmoins, le chantier de l’harmonisation fiscale demeure une question délicate qui confronte les pays membres de l’UE à de profondes divergences. Trois camps se dessinent ainsi : un premier groupe – France, Allemagne, Grande-Bretagne, Italie, Espagne – plaide pour que les acteurs d’internet soient taxés dans le pays de consommation. Un deuxième groupe est constitué des pays scandinaves qui se méfient d’une “tech taxe” européenne susceptible de fragiliser leurs propres acteurs comme le géant suédois Spotify.  Enfin le troisième groupe rassemble les pays  offrant un système fiscal attractif et un contexte d’affaires favorable, tels que l’Irlande, le Luxembourg, Chypre ou Malte. Il semble pourtant qu’une solution multilatérale concertée par les instances internationales compétentes soit encore difficile à mettre en place, néanmoins seul moyen pour restaurer la confiance dans le système fiscal mondial.

– MERCREDI 30 JANVIER –

François-Xavier Bellamy investi tête de liste LR pour les européennes

Invité ce mercredi matin sur LCI, le jeune philosophe normalien de 33 ans a été désigné par Laurent Wauquiez pour mener la liste LR aux élections européennes le 26 mai prochain. Fort de plusieurs expériences ministérielles à la culture en 2006 et 2007, puis auprès de Rachida Dati et Nathalie Kosciusko-Morizet, F.-X. Bellamy est également maire-adjoint de Versailles depuis 2008. C’est sans nul doute un parcours semé d’embûches qui l’attend, car même au sein de son camp il se démarque par ses prises de position jugées “conservatrices” sur le mariage homosexuel, la PMA ou l’IVG. “C’est normal que chacun puisse exprimer ses désaccords. Je vais devoir faire mes preuves pour convaincre, mais je ne compte pas m’excuser d’être qui je suis”, a-t-il répondu à l’antenne, ajoutant ensuite : “Est-ce que le fait que je sois catholique doit me disqualifier d’avoir un rôle en politique? C’est ce qui est en train de se dessiner aujourd’hui”, jugeant de facto l’état de santé de notre vie démocratique inquiétant.

Guerre commerciale sino-américaine : la justice américaine inculpe le Chinois Huawei

Tandis que se sont ouvertes les discussions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis pour négocier un accord bilatéral, la justice américaine a annoncé l’inculpation d’une dirigeante de Huawei ainsi que de deux filiales américaines du mastodonte chinois de la téléphonie. Les raisons prétendues de ces inculpations : la violation des sanctions américaines contre l’Iran, sur fond de piratage industriel. A Washington, la négociation équivaut à la bagatelle de 323 milliards de dollars (282 milliards d’euros). Le résultat de ces discussions est attendu avec impatience en Europe, tandis que l’escalade des derniers mois a fortement perturbé les marchés. A la tête des négociations, deux hommes soigneusement choisis par leur président respectif : le ministre du commerce Robert Lighthizer à la tête de la délégation américaine, membre du Parti Républicain, et Liu He, vice-Premier ministre chinois. En jeu : la réduction de l’excédent commercial chinois envers les Etats-Unis. Les deux hommes parviendront-ils à mettre fin aux tensions entre ces poids lourds de l’économie mondiale ?

– JEUDI 31 JANVIER –

Un nouveau système de commerce avec l’Iran unit la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni

La France, l’Allemagne et le Royaume-uni ont officialisé, jeudi 31 janvier, la mise en place d’un système baptisé Instex permettant de poursuivre le commerce avec l’Iran tout en échappant aux sanctions décrétées par les Etats-Unis. Les trois pays sont signataires de l’accord sur le nucléaire iranien, conclu en 2015 à Vienne, pour éviter que l’Iran ne se dote de l’armement nucléaire. Egalement signé par la Chine, la Russie et les Etats-Unis, l’accord avait ensuite été dénoncé par Donald Trump en mai 2018. L’UE étant une acheteuse massive du pétrole et gaz iraniens, le but de Trump était de couper l’Iran de ses principales sources de revenus et de viser les entreprises commerçant avec Téhéran. Le dispositif devrait principalement profiter à des PME pour le moment, les plus grandes entreprises internationales s’étant déjà retirées du marché iranien pour continuer à commercer avec les USA. Geste politique marquant ou effet de manche ? La suite le dira…

La croissance française marque une pause

Selon l’Insee, la hausse du produit intérieur brut (PIB) a augmenté en 2018 de 1,5%, contre 2,3% en 2017. Les raisons en seraient un ralentissement de la consommation des ménages dont la hausse n’a été que de 0,8% en 2018 contre 1,1% l’année précédente. Egalement une décélération de l’investissement des entreprises (3,9% en 2018 contre 4,4% en 2017) et plus encore de celui des ménages (2% au lieu de 5,5% en 2017). Dans ce contexte, la production s’est avérée moins dynamique, affichant une progression de 2% contre 2,6% en 2017 pointe encore l’Insee. En revanche le commerce extérieur contribue à nouveau de façon positive au PIB, les importations ayant baissé plus conséquemment que les exportations. Cette faible dynamique fait néanmoins planer le doute sur l’aptitude à rebondir de l’économie française, dans un contexte marqué par l’essoufflement de l’activité mondiale, les inquiétudes liées aux tensions entre la Chine et les Etats-Unis et la perspective d’un Brexit dur. Elle demeure notamment entravée par la faiblesse structurelle de l’appareil productif, peu apte à suivre la demande.

– VENDREDI 1 FÉVRIER –

Scandale de la viande avariée polonaise : au moins 150 kg auraient été vendus aux consommateurs français

Le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, a annoncé que les services sanitaires français avaient découvert l’existence de 795 kg de viande avariée polonaise, répartis dans neuf entreprises du secteur agro-alimentaire français. Cette affaire fait suite à la révélation de pratiques frauduleuses ayant cours dans un abattoir polonais. Si une grande partie de la viande bovine avariée a été détruite (environ 500 kilos), les équipes de la Direction générale de l’alimentation sont mobilisées pour retrouver celle qui circulerait encore sur le marché (soit les 150 kg restants), la traçabilité des produits alimentaires fonctionnant plutôt correctement en France.

– SAMEDI 2 FÉVRIER –

Gilets jaunes” acte XII: les manifestations mettent la pression sur le gouvernement à propos de l’utilisation des lanceurs de balles par les forces de l’ordre

Pour leur acte XII, les “gilets jaunes” ont défilé contre les violences policières alors que la polémique sur les lanceurs de balles de défense (LBD) bat son plein, notamment suite à la blessure de Jérôme Rodrigues, l’une des figures du mouvement. Selon le ministère de l’Intérieur, près de 58600 personnes ont manifesté en France. A Paris et en province, on a pu déplorer quelques affrontements et incidents en fin de manifestations. Le Conseil d’Etat, saisi en urgence d’une demande d’interdiction des LBD, a estimé devoir autoriser les forces de l’ordre d’y recourir face aux risques de violences. Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a néanmoins promis d’en sanctionner les usages abusifs. Depuis trois mois, les «gilets jaunes» alertent sur le pouvoir d’achat des automobilistes, mais l’augmentation des tarifs des sociétés d’autoroute de 1,8 % en moyenne, à partir du vendredi 1er février, du fait d’un effet de rattrapage suite au gel des tarifs décidé en 2015, risque d’ajouter de l’eau au moulin de leur colère.

Trois potentiels complices des attentats de Strasbourg sont mis en examen

Près de deux mois après l’attentat de Strasbourg perpétré par Chérif Chekatt, trois hommes soupçonnés de lui avoir fourni l’arme de ses forfaits ont été mis en examen pour “détention et cession d’arme de catégorie B en réunion et relation avec une entreprise terroriste” ainsi que pour “association de malfaiteurs terroriste criminelle”. Âgés de 32, 34 et 78 ans, ils ont également été placés en détention provisoire. Les policiers de la Sous-direction antiterroriste (SDAT) pensent que Chérif Chekatt s’était procuré l’arme quelques jours avant son passage à l’acte, tuant cinq personnes aux abords du marché de Noël de Strasbourg. L’événement et ses répercussions ont relancé la polémique sur le suivi des délinquants multirécidivistes, et plus particulièrement des fichés S, au moment où les autorités envisagent désormais le rapatriement de la centaine de djihadistes français détenus par les Kurdes en Syrie. Destinée à éviter l’évasion ou la dispersion de personnes potentiellement dangereuses, cette nouvelle donne pose un défi sécuritaire inédit aux services de renseignement et à l’administration pénitentiaire.

– DIMANCHE 3 FÉVRIER –

Venezuela : la cohésion de l’Union européenne mise à mal

Vingt ans après l’arrivée au pouvoir d’Hugo Chavez, des milliers d’opposants ont défilé dans le pays ce samedi 2 février pour clamer leur souhait d’en finir avec le chavisme. Six ou sept pays européens, dont la France, semblent prêts à reconnaître la légitimité comme président par interim de Juan Guaido face au refus de Nicolas Maduro de convoquer une élection présidentielle et privilégient le principe de non-ingérence.

Pour sortir de la crise , l’option “référendum” d’Emmanuel Macron

Pour tirer parti du grand débat, le président de la République pourrait opter pour une consultation des Français le 26 mai, jour des élections européennes. La question devrait être tranchée d’ici une dizaine de jours. Il est convaincu que son quinquennat ne sera relancé que si son grand débat se traduit par une réponse politique forte et rapide. Officiellement, quatre hypothèses sont en concurrence. La première, peu probable, consiste à dissoudre l’Assemblée nationale. La deuxième, peu prisée, est celle de convoquer un Grenelle avec les partenaires sociaux. La troisième option porte sur un remaniement qui n’aurait que peu d’effet sur l’opinion. Le quatrième scénario, le plus sérieux, est donc celle du référendum. «Je ne l’exclus pas. Ça fait partie des sujets envisageables», a assuré le président de la République aux journalistes rencontrés jeudi 31 janvier.

 

INSCRIVEZ-VOUS AUJOURD’HUI

Abonnez-vous aux synthèses !

Inscription